politiques agricoles : la croisée des chemins

Publié le par Biau Jardin de Grannod

 

Fnab

Nous voici à la croisée des chemins.

Les différentes études ne font que confirmer les conséquences désastreuses pour notre économie et nos finances d’un système agro-industriel produit de 50 ans de co-gestion avec la « profession agricole ». Le dernier exemple de la crise des algues vertes en Bretagne montre que ce système ne sait plus s’arrêter ou penser différemment.
Les évolutions attendues par la société civile à travers la PAC ( Politique Agricole Commune) après 2013 et le développement des surfaces en agriculture biologique ne se feront que si elle est capable de peser sur les décisions politiques à mettre en œuvre dès 2012. C’est donc le défi que nous devons relever : construire un autre modèle  de développement qui se rencontre avec l’investissement public non pas au service d’une caste agro-industrielle mais au service de l’intérêt collectif.

L'agriculture industrielle: une question brûlante pour notre société et l'argent des contribuables

Le modèle dominant agro-industriel est au coeur de l'actualité européenne avec le projet de la Commission européenne de réforme de la PAC pour 2013. Il se chiffre en milliards d'euros pour l'Europe, plus de 120 euros par an et par habitant en France alors que 80% des aides sont captées par moins de 20% des paysans. Dans le même temps, la facture des coûts induits par ce modèle commence à apparaître plus clairement: biodiversité, gaz à effet de serre, pollution de l'eau et des sols, algues vertes etc. Des centaines de millions d'euros rien qu'en France payés par l'Etat et les contribuables en coût de dépollution ou mesures réparatrices.

L'agriculture bio: un optimum pour l'investissement public

L'institut Rodale aux Etats-Unis vient de publier une étude sur trente ans de comparaison dans une province canadienne entre fermes bio et fermes conventionnelles. Un résultat sans appel en termes de rendements, de revenus pour les paysans, de consommation énergétique, d'émission de gaz à effets de serres. Pourquoi hésiter? Les citoyens et les pouvoirs publics attendent plus d'emplois, des territoires ruraux vivants et solidaires, une meilleure alimentation, et la fin des scandales du principe "pollués-payeur". Une alimentation de qualité peut être accessible à tous, c'est un choix de société et d'efficacité de la dépense publique.

Afin de nous retrouver et de partager  sur les chemins communs, nous vous invitons le 24 novembre prochain à Paris (voir ici)  à voir nos réalisations sur le terrain de la protection de l'eau et à entendre nos propositions pour la prochaine mandature.
Dans cette attente, bonne lecture.

Dominique MARION, président de la FNAB

Rapport CGDD sur coûts dépollution de l'eau en France: cliquez ici

Etude institut Rodale octobre 2011: cliquez ici

A noter la publication le 17 octobre des rapports du groupe d'expert de haut niveau du conseil de sécurité alimentaire (ONU) avec cette recommandation:  "De nouveaux investissements publics sont essentiels, mais leur objectif doit être de faciliter le passage à des modèles de production plus durables. Les pouvoirs publics doivent affirmer leur volonté de lutter contre la pauvreté, de renforcer la capacité de résistance aux chocs et de financer le coût de la transition vers des systèmes de production écologiques."

A noter enfin la publication du rapport du Conseil d'analyse stratégique (CAS) rendu public le 21 octobre 2011 qui formule plus de 80 recommandations pour réduire les « aides publiques dommageables à la biodiversité » dont « soumettre les engrais et produits phytosanitaires au taux normal de TVA », soit 19,6 % au lieu des 5,5 % actuels qui entrent « en contradiction avec le principe pollueur-payeur ».


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