Prix des légumes bio ...

Publié le par Biau Jardin de Grannod

Fnab

Prix des fruits et légumes: la filière bio défend ses producteurs

Les associations de consommateurs (Clcv, Familles rurales) ont publié le 22 août leurs enquêtes annuelles sur les prix des fruits et légumes. Ils constatent une baisse des prix de la filière conventionnelle et un écart croissant avec les prix des fruits et légumes bio. La Fnab réagit.

 

Ces enquêtes tombent en pleine crise des fruits et légumes avec notamment des opérations "coup de poing" des producteurs conventionnels vis-à-vis des importations notamment espagnoles. Indépendamment des limites évidentes de la méthode employée  pour ce type d'enquête consommateur donnant lieu à des conclusions erronées, elles témoignent explicitement, d'une part, d'une crise économique structurelle pour les producteurs (Familles rurales) et, d'autre part, d'une appréciation majoritairement négative des consommateurs de la qualité gustative de ces produits (Clcv).

 

La question est bien celle d'un équilibre entre des prix rémunérateurs pour les producteurs et d'un accès à des produits de qualité pour toute la population. Philippe Chalmin, président de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, avertit qu’au sein des filières agricoles dans un marché de moins en moins régulé que le prix « ne peut refléter la réalité des coûts de production des producteurs et la notion de « prix rémunérateur » aura de moins en moins de sens à l’avenir »[1] Force est de constater que la filière conventionnelle et les organisations qui la représentent ne défendent pas efficacement leurs producteurs entrainés dans une "logique de marché" en forme de dumping social et environnemental sans fin.

 

A quand une véritable transparence de la filière tenant compte des marges des distributeurs et des conditions économiques et sociales de production?

 

Cette logique productiviste dessert au final le consommateur quant à la qualité des produits proposés (qualité organoleptique, résidus de pesticides [2]…). Cette évaluation qualitative des produits devrait mieux être prise en compte par les associations de consommateurs au-delà de la seule comparaison prix/quantité.

 

Si la filière bio n'échappe pas à la problématique de l'accessibilité, elle s'engage au travers de ses organisations représentatives à assurer un prix rémunérateur aux paysans dans le cadre de systèmes alternatifs de distribution et de consommation (boutiques spécialisées, vente directe, vente paniers etc.). De nouveaux modes de distribution permettant d’accéder à des fruits et légumes biologiques à des prix peu supérieurs aux productions conventionnelles françaises sont en émergence. Des projets solidaires permettant à des populations défavorisées d’accéder à des produits biologiques également. Il est nécessaire dans le cadre de partenariats public – privé de les encourager.

 

La FNAB encourage les producteurs de fruits et légumes conventionnels à rejoindre la filière bio dans ce projet de relocalisation de l'économie, de solidarité entre citoyens et producteurs, de redéfinition des rapports sociaux avec le monde de la distribution. C’est un secteur déficitaire en volume qui doit être réellement développé. Un projet d'avenir porté par et pour les paysans et ceux qui les défendent vraiment.

 

[1] Source : Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, 2011 - Construction de l’observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires. Etats d’avancement, méthodes et données, DGPAAT, FranceAgrimer, 240 p.

[2] Se référer au bilan des résultats de 2007 de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes) publié le 5 janvier 2009 qui met en évidence un dépassement des limites maximales de résidus pour 7,6% des fruits et légumes en 2007 contre 6% en 2006. Par ailleurs, 52,1% des fruits et légumes, au lieu de 45% en 2006, contiennent des résidus.

 

 

Lire aussi les différentes précisions chiffrées données par le communiqué de presse du groupement régional Bio de Provence : lien

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