un monde impitoyable

Publié le par Biau Jardin de Grannod

Guerre sous une feuille de concombre...

De couleur vert à vert/noir, des pucerons. Qui piquent la feuille du concombre pour se nourrir de sa sève. Ce qui n'est pas bon du tout du tout pour le concombre; c'est donc mauvais aussi pour le producteur de concombre; et pour le consommateur de concombre.

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De couleur orange, les larves d'une cécydomie prédatrice de pucerons, poétiquement nommée Aphidoletes aphidimyza.

Qui piquent les pucerons pour les vider et s'en nourrir. Ce qui est mauvais pour les pucerons; et donc bon pour le concombre, bon pour le producteur de concombre, et bon pour le consommateur de concombre !

Qui va gagner ?  Aphidoletes bien sûr; si on ne fait rien d'autre qu'observer à la loupe régulièrement. La littérature nous dit qu'une larve peut consommer jusqu'à 20 pucerons par jour; et qu'elle en tue même qu'elle ne mange pas ( quel gâchis...).

 

Comment avoir des Apohidoletes dans ses tunnels ?

Tout d'abord en n'utilisant pas d'insecticide. Elémentaire mon cher Watson.

Ensuite deux solutions :

soit en acheter à des entreprises spécialisées dans l'élevage d'auxiliaires pour la "lutte biologique".

Soit "perdre de la place" à installer et maintenir au fil des ans sous les tunnels, des plantes comme le seigle, le bleuet, (voir photos par lien) qui attirent un puceron spécifique ( =  qui ne parasite que le seigle, que le bleuet). Lesquels pucerons attireront et nourriront des Aphidoletes ( qui, elles, mangent toutes les sortes de pucerons) et qui vont donc se multiplier près de ce garde manger permanent. Elles iront ensuite se nourrir de puceron du concombre ou de la tomate dès qu'il en arrivera. 

Ces techniques sont très efficaces, mais plutôt rudimentaires et ont un arrière goût baba-cool : pensez, des petites fleurs dans des tunnels plastique chez des producteurs de légumes;  et surtout, elles font appel à l'auto-organisation du paysan de préférence au commerce avec les firmes.Tout ça ne fait pas très sérieux... le monde de la technicité agricole a donc trouvé une parade avec un nom de baptème aux vertus communicantes : ils appelent ça "lutte biologique par conservation". Ca doit faire mieux.

Et ensuite, que devient la larve d'Aphidoletes quand elle s'est bien gavée de pucerons ? Et ben, sans surprise, elle devient adulte. Il y a plusieurs générations d'Aphidoletes chaque année : la larve se laisse tomber au sol pour s'y enfouir et s'y nymphoser. Ce qui veut donc dire qu'un moyen radical de se priver d'Aphidoletes...c'est d'empêcher l'adulte d'éclore sans le vouloir vraiment : en cultivant sur paillage plastique. 

Equation : Aphidoletes = pas de paillage plastique = plus d'herbe qui pousse pendant toute la saison de culture = plus de travail d'entretien (piochage) = prix de revient plus élevé en main d'oeuvre... !

Décidément, ce monde est impitoyable.

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