quincaillerie
La culture des petits pois, c'est toute une quincaillerie ! Parce que c'est une des cultures de plein champ que nous ramons.
C'est aussi une de ces cultures de plein champ que nous semons en mottes

pour ensuite les démarrer sous tunnel

Avant de les repiquer en place, nous préparons les planches, que nous paillons avec du film biodégradable.
Pourquoi ce film de paillage, autorisé en culture biologique, mais d'origine industrielle ? Parceque les pois sont une culture très "salissante" : en effet, commes les semis ont lieu tôt, nous n'avons pas le temps de faire de faux semis efficace avant la mise en place, et le risque est donc grand de se retrouver envahis d'herbe quelques semùaines après la plantation. Le pois est une des cultures que nous avons le plus de mal à biner mécaniquement pour plusieurs raisons :
1 - il se couche très vite au sol, ce qui rend le binage impossible
2 - nous le ramons précocément ( lutte contre les maladies, gain de rendement, gain de temps à la récolte), donc ne pouvons plus passer au tracteur par dessus
3 - les bonnes conditions pour un binage sont rarement réunies au printemps, le risque est donc réel de perdre la culture.
Un passage de rouleau marqueur "made in BiauJardindeGrannod"

permet de planter ensuite au bon espacement
C'est la saison où, au jardin, il n'y a pas grand chose en place. Les bandes fleuries, vivaces, ont de l'avance sur les légumes.
Pour éviter l'envahissement des allées par les adventices, nous les paillons aussi, mais avec une toile tissée réutilisable de très nombreuses années :
Pour ramer les pois, nous utilisons des piquets bois "home made", du grillage à mouton, des petits piquets galva.
Il faut donc, pendant l'hiver, prendre le temps ( et l'énergie ) de faire de bons piquets "d'acacia" ( qui, en fait, ne sont pas en acacia, mais en robinier - ou faux acacia - ). On coupe donc ces arbres, on les débite à la longueur voulue. Pour voir comment nous entretenons nos haies, suivre ce lien : ICI
Ensuite on les fend si besoin, on les épointe, et on les stocke à l'abri. Et ça leur permet de faire bon usage pendant de nombreuses années.
La quincaillerie d'origne industrielle aussi a passé l'hiver à l'abri :

On charge donc les grillages et les petits piquets galva pour approvisionner le chantier...

Lers pîquets bois sont bien enfoncés en terre avec force coups de masse, un piquet tous les 12 mètres. Ils éviteront au grillage qui sert à ramer les pois de verser quand la culture sera bien développée.
On déroule le grillage à moutons, qui est maintenu vertical par les piquets galva enfoncés à la massette, un tous les 2 mètres.
Et on attend que ça pousse.
- tout seul ?
- Presque !
On arrose aurtant que besoin, on surveille les éventuelles arrivées de maladies, de parasites; on aide les pois à se faufiler dans les grillages, on coupe au couteau l'herbe qui pousse au pied des mottes, on redresse les grillages après les épisodes de vent en retapant sur les petits piquets galva, etc...
Puis les fleurs arrivent enfin, régal pour les yeux :

Et bien sur, il y a beau avoir du vilain paillage noir partout, il y a quand même des adventices qui arrivent à s'installer, et à échapper au couteau pourtant vigilant des biaux jardiniers...
Et puis, enfin, on récolte...et c'est très long ( chaque fois, nous comprenons mieux pourquoi de nombreux collègues ne font pas de petits pois ! ). Pour garnir correctement les paniers de nos abonnés, il faut minimum quinze heures de cueillette chaque semaine...
On récolte chaque semis sur 2 ou 3 semaines, selon le temps. Le petit pois au stade récolte craint énormément les "coups de chaud" qui le font jaunir aussitôt.

Le temps est alors venu de débarasser toute cette quincaillerie : on s'échine à secouer les piquets bois ( qu'on avait si consciencieusement enfoncés à la masse... ) pour arriver à les sortir de leur trou, on détricote les piquets galva, on roule le grillage après avoir bien pris soin d'enlever les plantes encore accrochées dessus. On emmène tout ça au bout des rangs. On charge sur palettes et / ou remorque, et on range toute cette quincaillerie à l'abri, pour qu'elle serve à nouveau l'année suivante...
Selon le nombre de planches qui ont été ramées, il faut encore une petite ou une grosse demi-journée à deux personnes pour faire ce travail.
Et pendant qu'il arpente ses rangs de pois avec des piquets sur l'épaule, le biau jardinier a parfaitement conscience de faire partie d'une espèce en voie de disparition : celle des maraîchers qui continuent de faire du pois dont un kilo se vend le prix d'un paquet de cigarette ! (ce qui fait que bien des gens trouvent ça cher ).
Mais quand même, quel régal !
Concernant le carré de culture, il faut d'abord passer le broyeur ce qui facilitera l'incorporation au sol des résidus de la culture. Enuite, un ou deux passages d'outil prépareront les planches permanentes qui pourront être semées en engrais vert en attendant la culture suivante.
C'est donc un article "à suivre "...!
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